N-Gage Formation Claude

claude.ai (web)

Projects

Statut : stable Plan minimum : Pro Démo : 8-12 min Vérifié le : 2026-05-17

Source officielle : https://support.claude.com/en/articles/9519177-how-can-i-create-and-manage-projects

Projects

TL;DR

Un espace persistant qui regroupe quatre éléments : des instructions personnalisées propres au sujet, des fichiers de référence permanents, une mémoire dédiée et isolée, et toutes les conversations rattachées. C'est le « QG » d'un sujet récurrent : Claude y arrive en sachant déjà qui vous êtes, ce que vous voulez, et ce qu'il s'est dit la dernière fois.

Pour qui c'est utile

Dès que vous revenez plus de trois fois sur le même sujet, un Project vous évite de tout réexpliquer à chaque conversation. C'est particulièrement payant pour :

  • Dirigeants et cadres qui pilotent plusieurs dossiers en parallèle (client A, client B, projet interne, suivi équipe) sans vouloir les mélanger.
  • Consultants et formateurs qui préparent des livrables par client (audit, formation, restitution) et veulent que Claude connaisse le contexte client sans le recoller à chaque fois.
  • Fonctions support (RH, juridique, communication) qui produisent les mêmes types de livrables à répétition (offres d'emploi, contrats, communiqués) avec des règles internes stables.
  • Commerciaux qui suivent un compte client sur plusieurs mois et veulent garder l'historique des échanges, des objectifs et des informations stratégiques accessibles à Claude.

Cas concret : un formateur tient un Project par client de formation. Il y range la charte graphique du client, les profils des participants, le plan détaillé de la session, et les comptes rendus des sessions précédentes. Quand il prépare un livrable pour ce client, il ouvre une conversation dans le Project : Claude arrive en sachant déjà à qui il s'adresse, dans quel ton, avec quels visuels.

Comprendre ce qu'est vraiment un Project (la mécanique sous le capot)

Un Project n'est pas juste un dossier d'archives. C'est un mécanisme à quatre étages qui modifie la façon dont Claude répond à chaque message :

Étage 1, les instructions personnalisées du Project : un texte que vous rédigez une fois (rôle, ton, format attendu, contraintes), et que Claude ajoute automatiquement en préambule à chaque nouvelle conversation lancée dans le Project. C'est comme si, à chaque session, vous redonniez le même briefing en silence avant que Claude commence à parler.

Étage 2, les fichiers de référence (« knowledge files ») : des documents (PDF, Word, Excel, markdown, code) que vous uploadez dans le Project. Claude ne les charge pas en intégralité à chaque message (ce serait trop coûteux en fenêtre de contexte) : il fait du RAG (Retrieval-Augmented Generation), c'est-à-dire qu'il interroge l'index sémantique des fichiers à chaque question, et n'extrait que les passages pertinents. Concrètement : vous pouvez mettre un PDF de 300 pages, Claude n'utilisera que les pages réellement utiles à chaque réponse.

Étage 3, la Memory du Project : Claude peut, à votre demande ou de lui-même, mémoriser des informations à long terme dans une mémoire isolée du reste de votre compte. Ce qu'il apprend dans le Project A ne fuite pas dans le Project B ni dans les chats libres. Cette isolation est volontaire : elle évite les confusions entre clients, entre dossiers, entre rôles.

Étage 4, les conversations rattachées : toutes les conversations lancées depuis l'écran du Project lui sont liées et apparaissent dans l'historique du Project. Vous pouvez les retrouver, les renommer, les épingler, les supprimer. Claude n'a pas accès au contenu des autres conversations du même Project par défaut (sauf via la fonction de recherche dans les chats passés, voir fiche web/08).

Ce qu'il faut retenir de cette mécanique : un Project ne « comprend » pas votre sujet par magie. Il applique systématiquement les bonnes instructions et consulte les bons documents au bon moment. C'est ce qui le distingue d'un long chat où vous auriez tout collé au début : la qualité reste constante de la conversation 1 à la conversation 100.

Quand un Project brille, et quand il est inutile

Le Project brille dans ces cas : - Sujet qui revient au moins une fois par semaine pendant plusieurs mois - Le contexte est complexe à expliquer (charte, profils, historique, glossaire métier) - Vous voulez plusieurs conversations distinctes dans le même sujet (une par livrable, par exemple) - Plusieurs personnes doivent partager le même contexte (plan Team)

Le Project est inutile ou contre-productif dans ces cas : - Question ponctuelle (un seul échange suffit, créer un Project est de la sur-organisation) - Sujets très différents que vous traitez « au fil de l'eau » : 5 Projects à moitié remplis valent moins qu'un chat libre bien fait - Contexte qui change tous les jours : vous passerez plus de temps à mettre à jour le Project que vous n'en gagnerez

Pas à pas détaillé

Créer le Project

  1. Dans la sidebar gauche de claude.ai, repérez la section Projects. Elle est sous la liste de vos conversations récentes. Si elle est repliée, cliquez sur la petite flèche pour la déplier.
  2. Cliquez sur + New project (ou + Nouveau projet en français). Une boîte de dialogue s'ouvre.
  3. Saisissez un nom de projet clair, idéalement préfixé par le contexte (« Formation Client A », « Suivi compte client B », « Recrutement Q2 2026 »). Évitez les noms vagues type « Travail » ou « IA » : vous en aurez plusieurs à terme.
  4. Ajoutez une description courte (optionnelle) qui rappelle l'objet du Project : utile dans 3 mois quand vous reviendrez et que vous ne vous souviendrez plus pourquoi vous l'aviez créé.
  5. Cliquez sur Create project. Vous arrivez sur l'écran d'accueil du Project, vide pour l'instant.

Renseigner les instructions personnalisées

  1. Dans l'écran d'accueil du Project, repérez la zone Set project instructions (à droite ou en haut selon l'interface). Cliquez dessus.
  2. Une zone de texte s'ouvre. Rédigez les instructions du Project en suivant ces principes : - Rôle attendu de Claude : « Tu agis comme un conseiller en stratégie qui prépare les supports pour mes formations en entreprise. » - Contexte : « Mon interlocuteur principal est dirigeant d'une PME industrielle de 80 personnes, secteur conditionnement. Il est avancé en IA, peu expressif mais enthousiaste, et travaille principalement dans Excel. » - Ton attendu : « Direct, concis, pas de jargon marketing. Vouvoiement par défaut. Pas de tirets cadratins. » - Format de sortie par défaut : « Markdown avec titres ## et listes à puces, sauf demande contraire. » - Contraintes : « Ne suggère jamais d'outils qui sortent de l'écosystème Microsoft (mon interlocuteur est dans Excel et Outlook). »
  3. Cliquez sur Save. Les instructions sont actives à partir de la prochaine conversation.

Uploader les fichiers de référence

  1. Toujours sur l'écran d'accueil du Project, repérez la zone Add content ou Project knowledge. Cliquez sur Upload files ou glissez-déposez vos fichiers dans la zone.
  2. Choisissez les 2 à 5 fichiers les plus utiles. Recommandé : un fichier de contexte client (qui est-il, son histoire, ses enjeux), un fichier de charte (couleurs, ton, formats), un fichier d'exemples (livrables déjà produits qui servent de modèle).
  3. Attendez le traitement : chaque fichier passe en statut « Processing » puis « Ready ». Pour un PDF de 50 pages, comptez 10 à 30 secondes.
  4. Vérifiez le statut « Ready » sur chaque fichier avant de continuer. Un fichier non traité ne sera pas exploité par Claude.

Démarrer la première conversation

  1. Sur l'écran d'accueil du Project, cliquez sur + Start chat ou tapez directement votre premier message dans la zone de saisie en bas de l'écran.
  2. Posez une question qui force Claude à utiliser les fichiers, par exemple : « D'après le fichier de charte joint, quelle est la couleur principale à utiliser dans les slides ? » Si Claude répond correctement, vos fichiers sont bien actifs.
  3. Vérifiez aussi que les instructions sont bien appliquées : si vous avez demandé un ton direct et que Claude commence par « Quelle excellente question ! », c'est que les instructions ne sont pas chargées (rechargez la page).

Vérifier que tout fonctionne

  1. Démarrez une seconde conversation dans le même Project. Posez la même question que précédemment ou une question équivalente. Si Claude répond en cohérence avec la première conversation (même ton, même connaissance des fichiers), le Project est opérationnel.
  2. Demandez à Claude de résumer ce qu'il sait : « Résume-moi en 5 lignes le contexte de ce projet d'après les instructions et les fichiers. » Le résumé doit refléter à la fois les instructions et le contenu des fichiers.
  3. Si quelque chose cloche (Claude ignore un fichier, oublie une instruction), retournez sur l'écran d'accueil du Project, vérifiez le statut des fichiers et relisez vos instructions à voix haute pour repérer une ambiguïté.

Cas d'usage cadres détaillés

Project « CR de copil client » (consultant en mission) - Instructions : ton consultant senior, sections fixes (contexte, décisions, actions, points en suspens), 2 pages max, vouvoiement. - Fichiers : charte graphique du client, glossaire métier du secteur, exemple de CR déjà validé. - Usage : à chaque copil, nouvelle conversation dans le Project. Le consultant colle ses notes brutes, Claude restitue un CR conforme à la charte en 2 minutes.

Project « Veille marché concurrent » (dirigeant PME) - Instructions : restitue toujours en tableau comparatif (concurrent, force, faiblesse, opportunité), pas d'opinions personnelles, sources à citer. - Fichiers : positionnement de la société, liste des 10 concurrents principaux, notes des entretiens clients récents. - Usage : conversation par concurrent, Claude maintient le tableau à jour à chaque nouvelle info ingérée.

Project « Recrutement Q2 » (RH) - Instructions : ton bienveillant et factuel, structure de l'évaluation (compétences, soft skills, fit culturel, recommandation), pas de biais. - Fichiers : fiche de poste, charte recrutement de la société, exemples d'évaluations passées validées. - Usage : une conversation par candidat, Claude restitue une évaluation standardisée à partir d'un CV et de notes d'entretien collés.

Project « Préparation formations » (formateur indépendant) - Instructions : ton formateur sobre, exemples B2B, jamais de tirets cadratins, ne propose pas d'emojis. - Fichiers : charte graphique du formateur, livrables existants (bibliothèque prompts, guide tokens), profils des clients actifs. - Usage : préparation des assemblages par profil, génération de slides, rédaction des supports.

À retenir

  • Dès qu'une tâche revient plus de trois fois, créez un Project plutôt qu'un chat libre. C'est la même règle que pour les Skills : la troisième répétition est le signal d'industrialisation.
  • Un Project, c'est un classeur physique avec son étiquette et ses dossiers suspendus à l'intérieur : tout ce qui concerne ce sujet reste rangé au même endroit.
  • Un chat sans Project, c'est un stagiaire amnésique qui oublie tout entre deux conversations. Un chat dans un Project, c'est un collaborateur qui se souvient.
  • La qualité d'un Project se joue à 70 % dans les instructions et à 30 % dans les fichiers. Investissez d'abord dans les instructions.
  • Les fichiers sont consultés via RAG, donc indexés et requêtés à chaque message. Vous pouvez en mettre beaucoup, Claude ne charge que les passages utiles à chaque réponse.
  • La mémoire d'un Project est isolée des autres Projects et du chat libre. Cette isolation est volontaire et précieuse pour les consultants multi-clients.
  • Les Projects sont partageables en plan Team : c'est une vraie collaboration, pas juste un partage de fichiers. Toute l'équipe travaille sur le même contexte.

Pièges à éviter

  • Limites d'upload selon le plan : Pro permet typiquement 5 fichiers par Project avec une taille limitée par fichier. Les valeurs évoluent, vérifiez sur l'écran d'upload avant de tout charger d'un coup. Si vous touchez la limite, supprimez les fichiers les moins utiles ou consolidez plusieurs documents en un seul.
  • Instructions trop longues : au-delà de 1 500-2 000 mots, les règles se diluent et Claude les suit moins fidèlement. Soyez chirurgical : 5 contraintes claires valent mieux que 30 nuances. Si vous avez beaucoup à dire, mettez l'essentiel en instructions et le reste dans un fichier de contexte.
  • Fichiers obsolètes : un Project vieillit. Tous les 2-3 mois, ouvrez la liste des fichiers, supprimez ce qui n'est plus pertinent, ajoutez ce qui a évolué. Claude va dans les fichiers, il ne sait pas qu'une version est dépassée si vous ne la retirez pas.
  • Portée de la mémoire : la mémoire d'un Project est isolée. Ce que Claude apprend dans le Project A ne fuite pas ailleurs. Conséquence : si vous changez de Project, vous repartez à zéro côté mémoire. Pas de surprise, juste à savoir.
  • Modification des instructions : changer les instructions ne reformule pas les conversations passées. Le changement s'applique uniquement aux conversations suivantes. Si une instruction est cruciale, lancez une nouvelle conversation pour la voir appliquée.
  • Confusion Project / Workspace Team : un Project Pro est personnel par défaut (visible uniquement par vous). Sur Team, vous pouvez le partager. Sur Enterprise, l'admin peut imposer des règles. Ne confondez pas « j'ai un Project » avec « toute l'équipe l'a » : il faut explicitement le partager.
  • Confusion Project / Skill : un Project ajoute du contexte à toutes les conversations qui y vivent. Un Skill, lui, se déclenche partout dès que la situation s'y prête. Pour un livrable récurrent qui peut survenir dans n'importe quel chat, le Skill est plus adapté. Pour un sujet qui mérite d'être isolé du reste de votre travail, c'est le Project.
  • Multiplication anarchique des Projects : 30 Projects à moitié remplis valent moins que 5 Projects bien tenus. Pensez « dossier dans un classeur de qualité », pas « tag Gmail ».

Exercice 1 minute

Créez votre premier Project sur un sujet qui revient dans votre semaine : réunion hebdo, dossier client récurrent, recrutement en cours. Renseignez deux lignes d'instructions (rôle attendu de Claude + ton) et uploadez un seul fichier de référence. Lancez ensuite une conversation et demandez à Claude : « Résume-moi le contexte de ce projet d'après ce que tu sais. » Vérifiez que la réponse reflète bien vos instructions et le contenu du fichier. Si oui, votre Project est opérationnel.

Variantes par plan

  • Free : pas d'accès aux Projects. La fonctionnalité est réservée aux plans payants.
  • Pro : accès standard. Limites raisonnables sur la taille et le nombre de fichiers (à vérifier sur l'écran d'upload, ces valeurs évoluent). Projects personnels uniquement.
  • Max : équivalent Pro avec plus de marge sur le volume de stockage et les exécutions.
  • Team : Projects partageables avec les membres de l'équipe. Permissions par projet (lecture, contribution). Idéal pour qu'un binôme consultant + commercial travaille sur le même contexte client.
  • Enterprise : SSO, audit et administration centralisée. L'admin peut imposer des règles de rétention, des modèles de Projects, voire bloquer la création hors d'un cadre validé.

Liens internes

  • Feature liée : web/06-memory (la mémoire d'un Project vs la mémoire globale du compte)
  • Feature liée : web/07-instructions-personnalisees (instructions globales du compte vs instructions de Project)
  • Feature liée : web/08-recherche-chats-passes (retrouver une conversation dans un Project)
  • Feature liée : skills-mcp/02-skill-creator (Skill vs Project : quand choisir lequel)
  • Livrable N-Gage associé : livrables/03-guide-instructions-personnalisees.md (guide complet sur les instructions, applicable aux Projects)